Meet
Cent défis pour une nouvelle vie. Voilà comment aurait pu s’intituler le projet fou de
cette journaliste touche-à-tout, créatrice d’une marque de papeterie destinée à faire vibrer les âmes curieuses.
“Rien n'est figé, on peut se réinventer
à chaque instant.”
Qu’est-ce qui a forgé ton propre chemin ?
Pour mes trente ans, je me suis promis de réaliser 100 défis. Des objectifs spirituels, sportifs ou absurdes qui étaient autant de parts de moi que j’avais besoin d’explorer pour découvrir toutes les facettes de ma curiosité. Le défi 91 avait une saveur particulière : créer mon entreprise.
J’ai décidé de lancer une marque de papeterie consciente, ayant pour but d’aider chacun à mieux se connaître et à créer du lien avec les autres.
En quoi crois-tu ?
Je crois fondamentalement en la surprise. Rien n’est figé, la roue tourne, les gens évoluent, on peut se réinventer à chaque instant. C’est exactement ce que j’ai essayé de transmettre avec le carnet Nouveau départ. La vie est bien plus riche que ce qu’on peut croire et des choses encore plus belles que ce qu’on aurait pu imaginer se produisent.
Quelle conviction as-tu abandonnée en cours de route ?
La nécessité de toujours rationaliser les choses. J’ai tendance à être beaucoup plus attentive à un éventuel décalage entre ce que je pense et ce que je sens. Je fais confiance à mon intuition sans toutefois tomber dans les travers du développement personnel qui tendrait à toujours résoudre l’émotion négative avant de savoir pourquoi elle est présente. Se demander ce qu’une peur dit de nous, c’est aussi savoir accepter que l’on puisse se tromper et faire des mauvais choix, des mauvais investissements, des mauvaises associations.
As-tu des astuces pour te simplifier la vie ?
J’adorerais méditer à l’aube et suivre religieusement une morning routine millimétrée.
Mais la réalité, c’est que mon premier élan est celui vers mon ordinateur.
Avec l’apprentissage et la création comme moteurs, j’ai envie de tout faire. Mais je m’oblige à constamment alléger mon agenda en me demandant si cet événement aura une importance à la fin de ma vie. Garder mes amis proches, oui, mais une soirée de travail ou le lancement d’une marque, nettement moins.
“Cuisiner même si on fait tout brûler.”
Sur quel sujet as-tu changé d’avis ?
J’ai longtemps pensé qu’avoir des convictions faisait de nous des êtres moraux supérieurs. Quand j’avais des copines qui s’en foutaient de la politique ou qui n’avaient pas de conscience écolo, je les jugeais. Et puis j’ai lu le livre Les cinq niveaux d’attachement de Miguel Ruiz Jr. et j’ai réalisé que si nos croyances nous divisent, c’est que l’on passe à côté du plus important. Aujourd’hui, j’ai beaucoup moins de convictions sur des thématiques sociétales clivantes.
Qui renverse les codes à tes yeux ?
Dernièrement, Sally Gabori m’a époustouflée. Cette artiste aborigène vivait à Bentinck, une île complètement isolée au large de l’Australie. Mais à la suite de plusieurs épisodes météorologiques dévastateurs, elle s’est exilée à Mornington et s’est mise à peindre…
à l’âge de 81 ans ! Loin de l’iconographie aborigène traditionnelle, elle s’inspire librement des couleurs de son pays et joue de ses pinceaux en chantant dans sa langue natale.
Quelle serait ta vision d’une vie pleinement épanouie ?
Grande question que l’entrepreneuriat m’a obligée à me poser. Être épanouie, pour moi,
c’est d’avoir une vie qui me ressemble, dans laquelle je suis libre d’accepter mes dualités et mes paradoxes. D’être aussi solitaire que sociale, fêtarde que méditative, superficielle que profonde. Je chéris cette authenticité, tout comme le fait d’avoir la latitude et l’espace d’oser.
Un mot pour un « non-believer » ?
Suivre sa joie. Identifier toutes les choses vers lesquelles on souhaite aller et d’organiser sa vie autour de ses envies. Dessiner même si on dessine mal, cuisiner même si on fait tout brûler. C’est parfois chaotique, mais il faut accepter que la vie n’ait pas toujours de cadre et se laisser l’opportunité d’expérimenter.
Retrouvez Sophie Gauthier sur Instagram ou lors d’un dîner “À table avec…” dinner.
(toutes les informations sont disponibles sur le site de Carnets Goguette)


