Meet
Maïssa!

Véritable ovni
dans le monde de la joaillerie,
cette flamboyante Libanaise a su faire rimer responsabilité et créativité avec sa maison française, la première du secteur à être certifiée
B-Corp.

“Ne pas faire de compromis.”

Qu’est-ce qui a forgé ton propre chemin ?
La joaillerie est une industrie très fermée, très traditionnelle et très attachée à ses conventions. C’est majoritairement un métier de famille et de transmission. Non seulement je ne viens pas du tout de ce milieu, mais j’y suis en plus entrée en voulant complètement changer ses normes pour le rendre plus vertueux. Autant dire que c’était un sacré coup de pied dans la fourmilière pour une jeune femme de 26 ans.

En quoi crois-tu ?
Au fait de ne pas faire de compromis. J’ai lancé Loyale il y a quatre ans car je ne trouvais pas de bague de fiançailles qui correspondait à mon style et à mes valeurs. L’extraction de mines est l’une des premières causes de la déforestation et a des conséquences sociales dramatiques. En faisant des recherches, j’ai découvert le diamant de laboratoire.
Une vraie révolution. Mais les rares marques existantes manquaient d’audace dans leurs créations. Alors j’ai commencé à dessiner les bijoux dont je rêvais, réalisés à la main à partir d’or recyclé et de diamants de synthèse.

Quelle conviction as-tu abandonnée en cours de route ?
Le fait qu’on puisse tout avoir dans sa vie. On peut tout avoir un jour, mais pas au même moment. Enfin, peut-être que je dis ça pour me rassurer… En tout cas, je crois que c’est ce qui fait que la vie est ce qu’elle est, avec ses périodes de grandes joies et de tempêtes.

“Tout vient à point à qui sait attendre.”

As-tu des astuces pour te simplifier la vie ?
Je suis l’experte pour mettre en place des rituels et les lâcher au bout de deux semaines.
Ma personnalité ne s’y prête pas. Je suis disciplinée au travail mais trop spontanée au quotidien. Je suis tout de même fière d’avoir réussi à garder un excellent équilibre vie pro/vie perso avec Loyale et de ne pas être cette entrepreneuse qui travaille jour et nuit.

Sur quel sujet as-tu changé d’avis ?
L’écologie ! J’ai grandi au Liban, au cœur de la nature, et je n’étais pas du tout éduquée à l’importance de protéger cet environnement. Cela n’avait pas de place dans ma vie et je ne voyais pas l’importance de me mobiliser. Certains films, documentaires ainsi que les réseaux sociaux m’ont éclairée et m’ont aidée à prendre conscience de l’urgence de la situation. Maintenant, je suis la première à faire de la pédagogie.

Qui renverse les codes à tes yeux ?
Je serais incapable de citer une seule personne, car je me nourris constamment des histoires des autres, hommes ou femmes, acteurs, peintres, musiciens, ingénieurs, architectes…
Ce qui m’inspire aussi, c’est ma double culture. D’un côté, l’esprit convivial, généreux et festif du Liban, des valeurs très importantes pour moi. De l’autre, la richesse culturelle, le goût du beau, le raffinement et le savoir-faire artisanal de la France qui sont les fils conducteurs de ma création.

Quelle serait ta vision d’une vie pleinement épanouie ?
Je dirais que cela tient beaucoup au fait d’avoir des projets, des choses qui nous stimulent et qui nous rendent heureux à date. Certainement pas d’avoir une boutique place Vendôme (rires) ! Actuellement, je considère que j’ai réussi : je vis de ma passion et j’ai une immense satisfaction à voir mes clientes heureuses. Dans dix ans, on verra. Mes envies seront peut-être différentes et ma définition de ‘pleinement épanouie’ aussi.

Un mot pour un « non-believer » ?
Ne pas avoir peur de demander de l’aide. Le seul risque est de ne pas avoir de réponse.
Et puis parfois, les graines lancées germent quelques années après. Au lancement de Loyale, j’avais contacté le fondateur d’un atelier réputé qui m’avait répondu que travailler avec les diamants de synthèse n’était pas envisageable pour lui. Trois ans plus tard, il m’écrivait pour me proposer de collaborer. Tout vient à point à qui sait attendre !

Retrouvez Maïssa Zard sur Instagram ou dans la boutique Loyale à Paris.

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